mardi, octobre 03, 2006

Ramazan hoş geldin


Des mosquées qui s’éclairent, le « pide » (grande galette plate garnie de graines de sésame noir : les plus parfumées) qui remplace progressivement les formes conventionnelles de pâte levée, les vidéos d’un ayatollah à Kerbela ou Téhéran (villes influentes ch’iites) dans le cybercafé.... oui nous sommes décidément rentrés dans un épisode de la vie à Istanbul pas comme les autres.

Pour ceux qui n’ont pas encore reconnu l’événement je peux encore préciser ; par exemple que dans les bus les gens dorment (pas le chauffeur, mais par exemple l’assistant qui fait payer la place s’assoupi entre chaque arrêt) et que la nuit un tambour passe dans les rues (même si je dors trop profondément pour pouvoir l’entendre).

Bien sûr, mes exemples sont lumineux et la pratique du Ramadan (« Ramazan » en turc) n’a pour vous plus rien de mystérieux… un mois de privations pour sans doute mieux montrer qu’on est pas des bêtes et que l’Homme est capable de résister à ses pulsions (pas à toutes en tous cas puisque j’ai assisté au cours d’une soirée à un violent pugilat au pied d’une mosquée).

En tout cas ce Ramazan arrange bien mes affaires. En effet, il y a quelques jours c’était journée spéciale (même si ce n’était pas la 1ère) « permis de résidence » (le carnet que je devais obtenir dans les 30 jours suivant mon entrée dans le pays…).

Je me rendis donc à l’İstanbul’un Emniyet Müdürlüğü (un bâtiment tenu par la police) à l’étage Yabancılar [étrangers]. Bien évidemment personne n’y parle anglais : que du turc.
Pire ; certains individus, pourtant incontournables, n’apprécient pas qu’on balbutie les quelques mots accumulés au cours d’un mois d’effort… eh oui, car c’est notre faute si ils ne savent parler ni français, ni anglais, ni espagnol, ni allemand, ni italien (déjà c’est mal parti pour l’Europe) !

A cet étage, qui fonctionne sur le principe d’un long couloir qui se mord la queue, il y a plusieurs guichets avec autour de chacun d’entre eux une petite foule de quelques dizaines de personnes qui s’accumulent et bloquent le passage.

Je résume donc : 10 guichets avec pour chacun 30 minutes d’attente au bas mot. Et pas la moindre aide à attendre ; mais que fait la police ?!

Et c’est là que le ramadan intervient : les policiers qui s’occupent de nos démarches ne prennent en effet pas de pause déjeuner… sans cela je doute que la journée dédiée au permis de résidence eût suffie (il m’a en effet fallu passer par 5 guichets différents…).

Mais je crois que c’est ça aussi le séjour Erasmus à l’étranger : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire !